Saison estivale 2026Dolomites 2026, une sacrée cuvée, comme s’il avait fallu compenser le fait que, Matt et moi, ne soyons pas venus visiter notre camping et son bar « le Morbin » en 2025 ! 1er août 2026, Lastei di Formin, Supertegolina, voie moderne avec des spits, 8 longueurs, max 6c 3 août, Marmolada di Rocca, face sud, voie Vinatzer / Messner, environ 30 longueurs, max 6b/c 5 août, Sasso della croce, Grand Mur, socle + 8 longueurs, max 6b, une autre voie mythique du Reinhold. 6 août, Meisules dala Biesces, Maghi i Maghetsch, 11 longueurs, max 7a, la plus belle des 4 !!
Trumpfkönig 5h00 du matin, Loïc passe me prendre à Tavannes, direction les Engelhörner. A 9h15, première longueur de Trumpfkönig, la directe Piola / Anker, à la Kingspitze. Comme il s’agit d’une face nord-est, on grille au soleil un bon moment. Une belle voie directe, un peu montagne, grimpée en réversible, au milieu d’une jolie paroi avec quelques superbes longueurs. Son rééquipement avec des relais « Fixe inox » incite à la descente en rappel. Les deux premiers sont malcommodes car en diagonal, et la corde peux se coincer dans des feuillets péteux, ensuite toute roule. Attention s’il y a des cordées en dessous. Ainsi, peu de temps après, nous tapons une bonne binche à la cabane avant de rentrer à la maison, à 20h pile. Magnifique journée qui change de celles où l’on s’active un peu le matin avant de longues heures brûlantes qu’on attends qu’elles passent. Bref, nous sommes allés à l’essentiel, loin des « cons » qui peuplent ce monde. Merci Loïc, à bientôt pour de nouvelles aventures.
20 juillet: C’est de pire en pire chaque année, les glaciers se retirent, les accès s’allongent, se compliquent et la montagne fait peine à voir. Des cailloux roulent la journée durant, parfois même la nuit, dans les parois délitées jadis couvertes de neige. Combien de jours encore, de mois, d’années avant que tout ne se casse la figure ? Comme tant d’autres, combien de temps ce magnifique cure-dent photographié dans l’avant dernière longueur d’Eole danza per noi, l’un des nombreux joyau signé Michel Piola aux Aiguilles Dorées va-t-il encore tenir ? Parcourant la montagne depuis bientôt 4 décennies, je peux aisément dire que « c’était mieux avant » et ne peux que remercier la vie. Ce qu’il reste à faire, afin que le métier de guide survive à cela, c’est d’appliquer la mentalité « Punk », no futur, au jour le jour, sans trop réfléchir à l’avenir, car ça fait peur de réfléchir en regardant notre terrain de jeu se dégrader à ce point ; il est plus sage de se réinventer avec le rocher, et la neige quand il y en a. On ne peut pas dire qu’on pas été prévenus à ce sujet. Bref, alors que ce qui était prévu de longue date devait être une course mixte en altitude, une envie commune et logique au vu de l’été 2026 s’est tourné vers les Aiguilles Dorées. De plus, mon fidèle client David, qui connait pourtant le massif du Mont-Blanc comme sa poche n’a jamais mis les pieds du côté Suisse ! Il faut combler cette lacune. Aussi, nous établissons notre camp de base à la cabane Trient, pour éviter le bivouac des Dorées probablement surbooké, un peu de confort ne fait jamais de mal à nos âges… Hélas, là, on m’annonce que la fenêtre de Saleinaz, passage de la haute-route qui doit (devait) normalement nous mener presque facilement au pied de la voie est désormais fortement déconseillé. La solution se nomme col des Plines, 3 heures de marche aller, et 3 heures retour, une journée bien remplie en perspective ! C’est avec un soleil rasant le pilier que nous attaquons les 12 superbes longueurs d’ « Eole » en ressentant même un peu le froid, une bonne chose pour le permafrost. Il faut dire que deux cordées ont déboulé derrière nous, et moi, j’aime bien être devant !! Une superbe escalade « montagne » engagée ou j’utilise tous les friends emportés s’offre à nous. David, qui n’a pas trop grimpé depuis 3 ans se débrouille fort bien ; ainsi, en 4 heures, nous sortons la voie, non sans être repassés à l’ombre dans le grand dièdre final, brrr. Quelques rappels bien équipés en scellement mais qui sont parfois laborieux à cause des terrasses nous reposent sur le glacier, à deux pas de la fenêtre de Saleinaz, fort peu avenante de côté-ci. Malheureusement, il faut refaire le tour de la montagne, zigzaguant entre gros blocs instables et restes de névé. Sans compter la remontée de près de 400 mètres pour revenir à Trient juste à l’heure de l’apéro, avec suffisamment de dopamine et d’endorphine pour nous mettre ce petit sourire au coin de la bouche, complètement fracassés. Lendemain matin, du vent, c’est tout bouché sur la France, on ne va pas vite encore en faire une, on va simplement descendre. De plus, 2 cordées sont déjà dans le projet initialement prévu, en chemin, nous échangeons avec un sympathique couple venu des Grisons qui nous dit que cette voie-là est tout sauf terrible. Un signe ? C’était, malgré les 6 heures d’approche pour 12 longueurs, magnifique de refaire une grande voie dans le massif du Mont-Blanc où bien des souvenirs désormais trop dangereux voire inaccessibles demeurent. Merci David.
14-16 juillet, à la Baldschiederklause en compagnie de Clémence. C’est avec 2 beaux projets que nous avons abordé l’une des plus longues montées de cabane des Alpes suisses. Avec ses petits airs d’Himalaya, le paysage et l’isolement ne laissent pas indifférent. 6 clients à la cabane, on parle l’anglais, l’allemand, le français, c’est sympa. Le vent souffle toute la nuit, je dors mal et sors deux fois pour voir ce qu’il en est. Lorsque la gardienne se lève pour préparer notre petit déj, je l’enjoins de retourner au lit et de voir cela 2 heures plus tard. Dans l’intervalle, je dors comme un loir et à 7 heures, tout est trempé dehors. Nous sommes loin du monde pourtant il y a juste ce qu’il faut de réseau pour voir que, selon le radar, la journée est pliée. Une seule longueur d’escalade puis retour à l’abri pour goûter le huttencafé et attendre le lendemain. C’est tout de même génial d’être en pull et bonnet, de retrouver ce qui s’appelle le froid et de simplement se laisser aller à méditer sur la beauté du monde et surtout, être loin des foules. Pour le 3e jour, nous prenons le programme du 2e, vous me suivez ? Cette fois nous ne manquons pas le déj de 5 heures. Les prévisions sont belles jusqu’en milieu d’après-midi, mais le vent est toujours fort. Aussi, perso, je pense toujours que l’escalade, dont les alentours de la cabane sont bien fournis, est bien plus qu’une alternative à la haute-montagne. D’un commun accord, nous changeons un peu les plans et nous dirigeons vers la voie « Urnerloch », plus ou moins à l’abri du vent. 5 magnifiques longueurs en granite de rêve où l’on ne doit pas faire la queue s’offre à nous, plus encore 2-3 longueurs sur un superbe pilier rouge à deux pas de la terrasse. Puis ce n’est pas le tout, une longue descente nous attends, 4h30 de marche jusqu’à la gare d’Ausserberg. Heureusement, l’orage nous épargne même si nous avons l’impression que cela a pété pas bien loin, ce que confirme la presse du lendemain. En gros, 3 jours en montagne, au calme dans un superbe endroit nous ont comblé, malgré les changements de plans. Merci Clémence pour ta souplesse
4-5 juillet, week-end de l’OJ de la section prévôtoise. C’est 4 jeunes et 4 accompagnants motivés qui prennent la route en ce beau samedi direction les granits de la Suisse centrale. Dans la tête, on se fait toujours pleins de plans afin que tout se passe au mieux. Première déconvenue : le camping prévu, qui ne se réserve pas, affiche déjà « complet » à 9h du matin. L’essentiel étant de grimper, on se dit qu’on réglera le problème plus tard. Nous empruntons le sentier direction les Sandplatten. Seconde déconvenue, pas moyen de traverser le torrent pour rejoindre les belles dalles accueillantes qui nous narguent juste en face, retour. Puis, ne nous avouant pas vaincus, nous remontons direction le Sandbalm, secteur plus difficile que le précédent. Les cordées se font, deux cordées dans « Bijou » et deux dans la superbe « Up and down ». Au premier relais, un jeune ne se sent pas bien, chaud, soif, faim ? Il y a quelque chose comme ça, 3e déconvenue. Tout le monde redescend. Bah, comme ça, on peut aller revoir si des places se sont libérées au camping. Hélas, ce n’est pas le cas. On ne peut même plus rêver. Comme il reste du temps sur la journée, on fait une troisième marche d’approche, courte heureusement vers un beau secteur de moulinettes, avec entre autres « Cliff’s crack » un beau 6a+ en grande partie à protéger magnifiquement mené par Marion.
1er juillet. La saison bat son plein et quand je suis à la maison, ce n’est pas facile de se mettre derrière l’ordinateur. Plutôt envie de s’ouvrir une mousse et, comme lors des 3 concerts de ces derniers mois, écouter de la bonne zizique dans le hamac en attendant éventuellement la fin du monde, et qu'enfin le soleil se couche. Régulièrment aussi refaire le sac pour le lendemain, car ces temps-ci sont bien occupés. Brièvement, voici les dernières nouvelles : 1er juillet, l’arête du Raimeux à 18 personnes avec l’orage au début est toujours une aventure formatrice. Passera entre les gouttes, ou pas ? 27 juin, Supervitamine à la face nord du Titlis avec Matt, une voie parfaite dans un mur raide et impressionnant, et surtout, à l’ombre. De quoi revivre durant quelques heures au frais et faire chauffer les avant-bras, en t-shirt. 21-22 juin, demi-traversée des Aiguilles Dorées, en montant par l’arête sud de la « Sans nom » en compagnie de Nicolas. Une splendide option sur le granite du Mont-Blanc. Qu’est-ce qu’il fait chaud et les conditions de neige ressemblent déjà à celles du mois d’août… 15-16 juin, petite virée dans les Engelhörner en compagnie de Clémence. Tout d’abord, le Haslizerewg sur le Rosenlauistock, dans de fraîches conditions venteuses. Puis, après une bonne nuit à la cabane, tenue le même gardien depuis 44 ans ! nous mettons le cap sur la classique Vorderspitze, une belle voie sauvage datée de 1935 et ses astucieux passages aériens en 4+ / 5, un vrai plaisir. 13 juin, l’OJ dans les Gorges de Court. C’est 8 participants qui se retrouvent tôt sur le parking, direction Roche de Nants et ses grandes envolées. Mustapha, Piccolo, Arthur, directe, Anasazi, différents mix permettent à toute l’équipe d’atteindre le sommet avant que le soleil n’arrive. Puis, après midi « moulinettes » au Petit Capucin selon les envies de chacun / chacune. 6-7 juin, il est temps de commencer la saison avec Matt. Le temps est un peu mitigé, on opère encore en mode « hiver », c’est-à-dire qu’on va déjeuner sur quelque part sur l’autoroute avec des topos et on décide. Le choix est porté sur la région Grimsel / Susten, un centre « planétaire » de l’escalade. Là-bas, il vient d’arrêter de pleuvoir, aussi, c’est vers le secteur « Stock » de Handegg que nous nous dirigeons. Le caillou du Grimsel est juste incroyable, mais quand il devient raide, c’est totalement une autre histoire. Aussi, je me fais des vols dans la première longueur de la « Classiche » en 6b, ça dégomme !! La suite se passe un peu mieux, sans pour autant randonner. Puis, l’envie du lendemain s’appelle Wenden. Une bonne nuit au camping chez Félix, et un réveil à pas d’heure nous voit, comme des dizaines de fois dans notre vie sur le parking, nous hésitons à monter. Si ça semblait sec hier soir, il y de nouveau pas mal plu cette nuit et les gros nuages sont encore là, nous savons très bien ce que cela signifie. On nous ne la fait plus, hein ?
1er juin, Des niouzes du futur, du présent et du passé, qui a passé trop vite. Pas eu le temps de souffler ces derniers temps, à part aujourd’hui, et j’espère que toute cette semaine soit tranquille, ici et maintenant. Ceci est dit. Tout d’abord, une publicité de vente de vin, les premières images ci-dessous, pour financer une mini-expédition en Turquie d’un groupe de jeunes gens de la section du club alpin de Neuchâtel avec lequel je suis impliqué. Elle se déroulera à la fin de cet été. Affaire à suivre. Merci pour votre générosité.
Naturellement, je ne voulais pas manquer de toucher le caillou local, mais sans devoir déménager tout mon bazar et avoir les problèmes habituels de surpoids en avion. C’est donc Yann Camus, https://blissclimbing.com , spécialiste du « rope solo » à découvrir sur youtube, qui m’a merveilleusement coaché en me proposant tout une série de belles voies à protéger soi-même sur le granit de Val David, puis sur le gneiss du Mont Larose près de Weir. Avec notamment « Black and white », qui est semble-t-il l’un des plus gros morceaux du Québec. 3 longueurs raides et clean ; c’était exactement ce que je voulais comme petites aventures, à quoi bon aller si loin pour simplement clipper des spits?? Merci pour tout Yann, et qui sait, peut-être qu’on se recroisera en Europe ou ailleurs ?
Puis une nouvelle voie, découverte par mes soins, en « rope solo » dans la face sud de la « Noisette » au Raimeux. Elle se nomme « Ici c’est Trad », 2 longueurs 5b et 5c avec très peu de matériel en place, on se protège soi-même. Il y a 3 cordelettes dans des lunules et un piton. Le relais est spité car une descente en rappel se pratique par-là, mais ça va très bien à pied aussi. J’irai encore marquer le départ, sinon ce n’est pas évident à trouver. Enfin, je me donne un peu moins de peine pour le site internet car il va vraisemblablement disparaître à la fin de l’année. J’ai une ou deux solutions pour le remplacer, mais je cherche encore. Surtout, j’ai peu de motivation pour m’y remettre vraiment, surtout que l’été arrive. Si quelqu’un a une idée, elle est la bienvenue. Peut-être que ce sera réglé d’ici cet automne avec un nouveau site. Bonne saison !!!
Galerie photo
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